RAPPORT DE MISSION DE BERLIN



RAPPORT DE MISSION
Du 29 juin au 2 juillet 2010, le Secrétariat International de l’ITIE, en partenariat avec InWent et le Ministère allemand de la coopération, a organisé à Berlin, en Allemagne, un séminaire dont le thème est "communiquer l’ITIE".

Le Séminaire a regroupé les responsables de la communication des 14 pays d’Afrique francophone mettant en œuvre ITIE.

La République Centrafricaine y était représentée par le Chef de la Cellule Chargée de l’Information et de la Communication au Secrétariat Technique de l’ITIE-RCA, Roger SEREDAMAZOUI.

Le but de ce Séminaire, auquel ont pris part le Sénégal, le Rwanda, et le Togo en qualité d’observateurs, consiste à échanger des expériences dans le domaine de la communication de la philosophie ITIE.

Journée du 29 JUIN 2010.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans la matinée dans la salle de conférence d’InWent.
Après les mots de bienvenu de M Petersen THUMSER, Chef de la Division politique, Economique et Bonne Gouvernance à InWent, le Président de l’ITIE, Peter EIGEN a prononcé le discours d’ouverture.

Dans son adresse, M EIGEN s’est dit très honoré d’accueillir à Berlin les représentants des 14 pays d’Afrique francophone dans le cadre de ce Séminaire placé sous le signe de la coopération, de l’entente et d’échanges d’expériences, selon ses propres termes, avant de rappeler aux participants l’importance de la communication dans la mise en œuvre de l’ITIE. Car cette communication permet de « communiquer avec les parties prenantes, de parler de ressources naturelles et d’instaurer un climat de confiance au sein des communautés. »
Avant de terminer son propos, M EIGEN a émis le vœu que ce Séminaire soit l’occasion de consolider la mise en œuvre de l’ITIE et d’échanger des expériences.
Puis, la séance a été suspendue, suivie d’une photo de groupe.

A la reprise, le premier exposé de la journée a été présenté. Le thème est : la clé de l’ITIE, la communication. Pourquoi devons-nous parler de ce que nous faisons ?
Ce thème a été développé par le Directeur pour l’Afrique francophone au Secrétariat International de l’ITIE, Tim BITTIGER.

Selon l’orateur, l’ITIE est le résultat d’un appel collectif pour une plus grande transparence, lancé par les gouvernements, les entreprises, les ONG internationaux. Dorénavant, les entreprises et les gouvernements des pays riches en ressources naturelles ont intérêt à rendre public ce qu’ils paient et reçoivent.

Mais puisque les personnes extérieures au processus ne comprennent pas souvent les mécanismes techniques de l’ITIE et ses avantages, l’idéal est de mieux expliquer ce que c’est que l’ITIE à un large public ; d’où l’importance de la communication dans la mise en œuvre de l’ITIE.

A en croire M BITTIGER, en plus des aspects techniques, la communication doit mettre l’accent beaucoup plus sur les avantages concrets de l’ITIE pour la population, et son impact sur celle-ci et son environnement. Car, le meilleur moyen pour que cette population puisse s’engager activement est de lui parler des bénéfices de l’ITIE. Et ces bénéfices doivent être identifiés en même temps que les moyens de les communiquer.

Il a en outre développé quelques avantages de la mise en œuvre de l’ITIE qui se résument entre autres à :
- donner le pouvoir à la population de s’exprimer, autrement dit l’accès à l’information ;
- instaurer la confiance, car la première possibilité de communiquer, c’est de dialoguer ;
- améliorer la gouvernance
- instaurer un climat favorable à l’investissement.

L’ITIE, selon BITTIGER, est en passe de devenir une norme reconnue et respectée mondialement, allusion faite aux déclarations des Présidents OBAMA des Etats Unis d’Amérique et SARKOZY de la France.

L’ITIE étant une initiative multipartite, les différentes parties prenantes, ainsi que le grand public, les communautés affectées dans les zones d’exploitation minières, les institutions publiques, les partis politiques, les médias, les partenaires internationaux, doivent être sensibilisés, et interpellés par des messages clés destinés à chacun, afin de susciter leur adhésion au processus, a conclu l’orateur.

Des questions de précisions ont suivi cette intervention, notamment celle ayant trait au mandat de l’ITIE.
Sur cette question, M BITTIGER a rappelé que le mandat de l’ITIE est limité à la publication des rapports, et qu’il n’est pas exclu la coopération de l'ITIE avec d’autres organes de contrôle en cas de dérapages.

Puis, ce fut un bref tour d’horizon des programmes de communication de l’ITIE dans les 14 pays présents à l’atelier. Chaque pays a eu l’honneur de présenter la situation de la mise en œuvre de l’ITIE dans son pays, les difficultés rencontrées et les attentes. Ce bref tour d’horizon est présidé par Monika HOEGEN.

D’une manière générale, la situation de la mise en œuvre de l’ITIE est avancée au Burkina Faso, au Cameroun, en Centrafrique et en Côte d’Ivoire. Elle n’en est qu’a son début au Congo, Sénégal, Rwanda et au Togo.

Tous les pays ont en commun les mêmes difficultés qui se résument aux problèmes de communication, de compréhension de la notion ITIE et de financement des programmes de communication. Et ils s’attendent à s’inspirer des expériences réussies pour améliorer leur stratégie de communication.

Cette expérience réussie, qualifiée par le Experts du Secrétariat International d’ « originalité »vient de la République Centrafricaine, suite à la présentation par son représentant de la stratégie de communication axée sur la création des Comités Préfectoraux Chargés de la mise en œuvre de l’ITIE.

La mission de ces Comités appelés à pratiquer une communication de proximité, consiste à assurer le relais de la diffusion des programmes ITIE.
- enregistrer l’opinion de la population riveraine et le transmettre au Secrétariat Technique.
- organiser des débats autour des rapports ITIE.

Ce qui apparait comme une originalité et une grande première dans l’histoire de l’ITIE, et a émerveillé les participants dont certains se sont dits prêts à venir apprendre auprès de la République Centrafricaine.

En marge des travaux, le représentant de la République Centrafricaine a eu des entretiens avec Carol ISIK et Tim BITTIGER, tous deux du Secrétariat International.

L’objet de ces entretiens a porté sur le fonctionnement des Comités Préfectoraux. De plus amples explications et documents leur ont été donnés.

Dans l’après midi, l’exposé sur le thème « l’art de la communication : conseils et astuces » a été présenté par Monika HOEGEN ;

Dans son développement, Mme HOEGEN a indiqué de prime à bord que la communication est importante et qu’elle crée un lien entre deux ou plusieurs personnes. L’ITIE a besoin d’établir ou de nouer des relations publiques avec la presse, car a-t-elle déclaré, quand on parle avec un journaliste, on s’adresse à plusieurs personnes. Ce qui lui permet d’obtenir l’appréciation du public, de convaincre les hommes politiques, d’apporter à la population de la transparence. Les différentes déclarations issues de ces différents entretiens doivent être suivies des exemples. Des exercices pratiques ont suivi cette communication. La première journée s’est achevée par une visite guidée de la ville de Berlin.

Journée du 30 juin 2010
Deux communications ont ponctué cette journée. La première a été faite par Monika HOEGEN et Anne-Pardieu REIFSCHNEIDER de l’Agence-France Presse, et a pour thème « Comment rédiger un bon communiqué de presse ».
Un bon communiqué de presse doit contenir :
- Un titre attrayant ;
- Des réponses aux questions de références ;
- Une phrase une information ;
- de courtes phrases.
Il faut :
- Eviter de substantifs ;
- Préférer l’actif au passif ;
- Utiliser des citations (avec des belles informations) ;
- Donner toujours des exemples ;
- Eviter des abréviations ;
- Ne jamais faire précéder M ou Mme ;
- Titre en grand format ;
- Utiliser des sous titres ;
- Réserver le dernier paragraphe du communiqué de presse pour des explications.

La deuxième communication présentée par Monika HOEGEN et Jean-Pierre SENTENBIEN a pour thème : Un pas de plus en avant. De la presse écrite à la radio, brève déclaration pour la radio.
Ces deux communications ont été matérialisées par des exercices pratiques dont le but est d’amener les participants à mieux concevoir des messages clés pour un groupe cible donné.

Journée du 1er juillet 2010
Dans la matinée, les deux orateurs de la veille sont à nouveau intervenus pour avec les participants du thème : De la déclaration à l’interview. Ils ont relevé qu’une interview mérite une bonne préparation, assortie des arguments convaincants et des surtout des messages clés bien élaborés pour le public que l’on veut atteindre. La pratique a suivie cette communication.
Puis, Marie-Ange KALENGA du Secrétariat International est intervenue pour présenter un exposé sur le thème : Comment communiquer avec des parties prenantes et divers groupes cibles.
L’objectif recherché à travers cette communication, c’est d’amener les participants à mesurer non seulement l’importance de la communication dans la mise en œuvre de l’ITIE, mais aussi et surtout à savoir choisir les groupes cibles et les canaux pour les atteindre.
Elle a illustré sa communication par des exemples du Niger, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone.
Au Niger, a-t-elle déclaré, un groupe de journalistes ont entrepris une vaste campagne de sensibilisation dans les régions minières sur les enjeux qui entourent l’ITIE. Cette campagne fut dénommée : Sur les traces des caravanes de l’ITIE. Leurs cibles étaient les autorités administratives, les élus locaux, les communautés et leaders religieux et cette campagne a duré plusieurs mois.
Les messages clés ont porté sur l’implication des communautés en faveur de la transparence des revenus miniers. A l’occasion, des formations, discussions et rencontres informelles et débats ont été organisés sur les radios locales, et des dépliants en langes locales distribués.
Ce qui a eu pour impact, la création d’un espace de discussions sur des préoccupations locales et l’intégration de la question ITIE aux débats sur la redistribution des revenus miniers.
Le deuxième exemple est celui de la Côte d’Ivoire. Sur l’initiative des jeunes universitaires, a déclaré Mme KALENGA, des Agoras (espaces démocratique de discussions) ont été crées. Ce qui a permis d’intégrer la question de la transparence dans le débat politique sur la gestion des ressources. Les jeunes et cadres en étaient les groupes cibles et le message clé consistait à les mobiliser en faveur de la transparence.
L’impact de ces Agoras se résumait par :
- la sensibilisation à la base ;
- l’appropriation et la démultiplication du message par les jeunes ;
- la contribution au dialogue inter- ivoirien dans le contexte de la reconstruction.
Le dernier exemple est celui du Tam-tam bavard et radios communautaires au Sierra-Leone. Les objectifs visés consistent à encourager le dialogue au sein des populations dans les zones minières à travers les visites et échanges. Les groupes cibles éraient les communautés riveraines, agriculteurs, femmes et mineurs. Le message clé à transmettre portait sur la « transparence pour conjurer la malédiction des diamants de guerre ».
Une communication efficace sur l’ITIE selon Mme KALENGA, exige un message, des moyens et outils appropriés, c'est-à-dire des cadres naturels dans lesquels se trouvent les publics visés, des moyens d’expression naturels (la langue utilisée doit être comprise par le public), des outils appropriés (de nouvelles technologies de l’information et de la communication ou outils traditionnels adaptés aux différents contextes culturels).
Il faut adapter le message au public et non le public au message, a-t-elle conclu.
Dans l’après-midi, l’exposé sur le thème : Comment mettre en place des outils de communication et supports d’informations, a été présenté par M Benjamin BIOULE-BIOULE de l’ITIE-Cameroun.
Les participants ont été édifiés sur les différentes étapes de la mise en place d’un plan de communication.
7 étapes sont à considérer, selon l’orateur,
- la première consiste à faire le diagnostic pour voir où est ce qu’on en est avec la communication.
- La deuxième étape permet de définir les objectifs.
- La troisième étape concerne les cibles et les messages (a qui veut-on parler et de quoi ?)
- La quatrième étape, c’est de définir les axes (comment transmettre son message pour faire agir)
- La cinquième étape consiste à identifier les outils à utiliser.
- La sixième consiste à faire le planning (comment communiquer au bon moment ?)
- La septième étape enfin concerne le budget.
Ces différentes étapes sont indispensables à la mise en place d’un plan de communication.
Des exercices pratiques ont suivi la présentation de cet exposé.
Dans la soirée un diner d’aurevoir a été servi à l’honneur des participants au restaurant OKTOGON.

Journée du 2 juillet 2010
Les exercices pratiques ont repris et duré toute la journée et ont consisté à mettre en œuvre un plan de communication ITIE, à recenser et classer les parties prenantes par priorité, concevoir des messages clés pour chaque groupe de parties prenantes.

Dans l’après-midi, M Tim BITTIGER est intervenu à nouveau pour traiter du thème : Intensifier la communication : comment communiquer les résultats du séminaire une fois de retour dans son pays ?

L’accent a été mis sur le partage des informations reçues. L’orateur mis l’accent sur le partage des informations par les participants une fois de retour dans leurs pays. Il a aussi indiqué que le Secrétariat International a eu le plaisir de coopérer et de partager avec les participants leurs expériences respectives dans le domaine de communication.

Après l’évaluation du séminaire, des Certificats ont été remis aux participants par ordre de mérite, et la Première place est revenue à la République Centrafricaine, pour avoir présenté une Stratégie de Communication, axée sur la mise en place des Comités Préfectoraux.

Le discours de clôture du séminaire a été prononcé par Holger MARIENBURG de InWent. Celui-ci s’est réjoui de l’atteinte des objectifs du séminaire qui a permis les échanges d’expériences.



Roger SEREDAMAZOUI

rapport_de_mission_berlin.pdf RAPPORT DE MISSION BERLIN.pdf  (34.21 Ko)





DOCUMENTS A TELECHARGER (format PDF)

PREMIER RAPPORT DE L’ITIE-RCA

COLLECTE ET RECONCILIATION DES DONNEES STATISTIQUES DU SECTEUR MINIER (ANNEE 2006)

premier_rapport_itie_rca_2009.pdf premier_rapport_itie_rca_2009.pdf  (1.59 Mo)


RAPPORT FINAL DE VALIDATION

Rapport final de validation l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives de la République Centrafricaine

Ce document est le rapport final de Validation de la mise en oeuvre de l’Initiative pour la Transparence dans les industries Extractives (ITIE) en République Centrafricaine (RCA). Le Validateur a reçu la confirmation de la part du Secrétariat Technique que ce rapport a été examiné par le Comité de Pilotage.

validation_itie_rca_2010_final_fr.pdf Validation_ITIE-RCA_2010_FINAL_FR.pdf  (4.92 Mo)


Inscription à la newsletter